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Annexe au Séminaire
de critique historique de lUniversité Mégalopolis XXXVIV
2245-2246.
Je vais vous livrer
le fragment dun récit qui sans nul doute devait être
beaucoup plus long mais nest parvenu jusquà nous que
sous cette forme irrémédiablement tronquée. A ce jour,
il nexiste aucun autre document connu faisant référence
à cet évènement. Et il est impossible de linsérer
logiquement dans lhistoire politique de Mégalopolis. Les spécialistes
en littérature post-moderne ce texte date en effet de cette
époque excluent quil puissent sagir dun
passage de roman, de scénario ou de toute autres fictions datant
de lépoque. Il y a 200 ans le bio-pouvoir du Grand Gouvernement
Impérial était tel que pareil texte naurait pu sortir
de limagination daucun cerveau.
Mais il y a la un paradoxe énorme que je ne peux mempêcher
de relever : si ce récit ne peut avoir été inventer
sous un bio-pouvoir aussi fort alors il relate des fait réels. Il
nous faudrait donc admettre quà cette époque-là
ce quon nosait pas imaginer dans un conte politico-philosophie,
on ne voyait aucun problème à le poser en acte dans la rue.
Il faut formuler dautres hypothèses à légard
de ce fragment.
Je vis dans la zone A1. Si tu sais lire une carte, tu las pigé
cest totale banlieue de la Mégalopolis. Ça cest
mon territoire géographique, physique. Faute des moyens matériels
nécessaires, je le quitte rarement mais virtuellement je suis bien
plus nomade. Peu avant les événements dont il va être
question de nombreux groupe de déserteurs dont je faisais partie
commencèrent à fréquenter et à construire des
territoires en commun avec des soldats toujours en activité dans
larmée des travailleurs. Selon moi, ce fait fut déterminant
pour la suite des évènements.
Tout a commencé à la fin mai. Depuis 15 jours, le temps était
chaud et sec je peux men souvenir très bien : nos parties
de foot étaient devenues quasi sahariennes temps la poussière
avait envahi le terrain. Cest dernières années avait
été politiquement très mortifères : suppression
de droit, précarisation des nouvelles formes de travail, répression
policière sur toute forme de contestation. Le Grand Gouvernement
Impérial se plaçait à lécoute des grands
Capitaines de la nouvelle économie pour tracer les nouveaux axes
politiques et puisait dans les caisses pour soutenir la lente extinction
des vieux Généraux de lindustrie défaillante.
Dans la périphérie certaines minorité sorganisait
mais globalement lArmée des travailleur suivait le commandement
: arbeit ! Pour tout qui refusait comme forme de vie celle de soldat de
lEmpire, les temps étaient durs.
Or un beau jour de mai : la désertion fut massive ! la grève
générale !
Grève sans revendication, juste lenvie de ne plus mettre sa
vie au ordre du Commandement Suprême. La condamnation des différentes
instance de lEmpire furent générale : irresponsables,
paresseux, communistes, anarchistes, voyous,
Le syndicat clama sont
innocence et on le crût. Mais lEmpire était bien dans
une jolie panade : 65´% de grévistes avec des pics énormes
dans un secteur aussi hégémonique que celui du travail immatériel,
doù est dailleurs parti le mouvement gagnant ensuite
les usines et la tout les autres secteurs. On allait pas virer tout le monde,
on ne savait même pas qui était les leaders impossible
de les foutre en taule et puis il ny avait aucune manif quon
aurait pu faire dégénérer avec laide des forces
de lordre. Comment faire peser la répression politique sur
une bande de gens qui se balade dans les parc, bavarde aux terrasse des
cafés, fait des barbecues ou la sieste ! Le Grand Gouvernement Impérial
décida de jouer la carte de lépuisement. Sans ressource
monétaire à moyen terme cette stupide mutinerie séteindra
obligatoirement. On poursuivra les quelques entêtés résiduelle
et lordre reviendra. Logique.
Mais le problème de lassise économique de cet étrange
mouvement avait déjà été pris en compte par
ceux qui y participèrent. Autour des machines à café,
dans les trains de navetteur, au réfectoire de la puissante Sodehxo
ou dans des réunions relativement discrètes des groupes daffinité
regroupé ensuite en véritable réseaux
avait préparer localement les modalités pratique
de la première phase de la désertion. Le surprenant mot dordre
avait été restons chez nous, flânons, laissons
nous aller au farniente . Mais, en corollaire à cette grève
et lair de rien , sauto-organisèrent des
fêtes partout dans la cité le 1er mai tout les jours
pendant 2 semaines et la population des grévistes joyeuses
et libérée y participa avec enthousiasme ce qui amena
même le puissant lobby des brasseurs à ce désolidarisé
de la position de lEmpire au sujet de cette grève. Et au fur
et à mesure que ce remplissait dans la joie et la bonne humeur les
caisses, des groupes de travail se formèrent pour mettre sur pied
toute la logistique qui allait permettre de ne pas seffondrer
matériellement dans la seconde phase de ce conflit social
sans précédent.
Parce que cest bien de ça quil sagissait. Avec
largent récolter, il fallait préparer le siège
économique auquel lEmpire allait se livrer ! Des réserves
alimentaires furent faîtes, des accords passés avec des membres
du personnel médical pour des soins gratuits , avec
des coopératives de producteurs indépendants qui parièrent
leur récolte sur cette entreprise dapparence rocambolesque
et avec foules dautres personnes. Rien ne fut laissé
au hasard. LEmpire senfonçait encore davantage
dans la panade : toute les possibilités auxquelles il peut penser,
les multitudes peuvent y penser, mais linverse nest pas vrai.
La seconde phase.
Les grévistes commencèrent à formuler des projets collectifs.
Tout simple, au début : match de foot, tournois de bellotte, repas
collectif
Puis le temps souvrant vierge de toute entrave Impériale
devant eux ils complexifièrent les choses et leur imaginations se
libérant des chaînes du bio-pouvoir. Ils mirent sur pied des
formations où circulaient les savoirs mineurs (bricolage, couture,
sociologie, cuisine, épistémologie relativiste, groupe déchange
dexpériences en matière de pédagogie enfantine,
économie post-fordiste,
), sattaquèrent à
laménagement du territoire (assainissement de terrains laissés
vagues par le Grand Gouvernement, taille des arbres, plantations de potagers
collectifs,
), créèrent eux même leur propre structures
culturelles (réapparition de cinéma de quartier grâce
à du matos sortit don-ne-sait-où, création de
groupes de lectures, de compagnies théatrales, de groupe de chant,
de cours de danse
) et construire toute une série de micro-services
publiques totalement adaptés au désirs des collectivités
locales (garde denfant à tour de rôle, banque alimentaire
de qualité, restaurant tournant, centre de prêt de matos en
tout genre : caméra dv, camionnette, marteau piqueur, pc portable,
).
La richesse sociale nous sortait par les trou de nez et si nous avions quelques
chose à revendiquer nous savions maintenant ce que cétait
: ce mode de vie-là !
Mais lusure était là. Le siège économique
que lEmpire, en position dattente comme un charognard, avait
mis sur pied portait ces fruits. Cest alors quapparu toute la
puissante structure logistique mise imperceptiblement sur pied durant les
premières semaines de cette grève des plus originale. La protestation
sarticula, on passa à la phase revendicative
En saurons nous jamais plus ? Ces événements qui tiennent
presque de la légende quand on tente de les relier avec le contexte
de lépoque dont date ce texte. Comme le dit cette locution
piedmontaise tant appréciée de je-ne-sait-plus quel obscur
philosophe allemand et sans doute à moitié cinglé du
19ème siècle : se non è verro, è ben trovato
!

Dans lhistoire pluriséculaire
des luttes des pauvres et des lois de lEtat social, ce mouvement
social [le mouvement des chômeurs français] si particulier
pourrait marquer le début dune longue vague. Et, en même
temps, laube dune nouvelle législation du « droit
à la vie » [
] et lapparition à lhorizon
de ce nouveau new deal sans lequel nous savons tous que les recettes keynésienne
seraient purement incantatoires et rhétoriques. Dun nouveau
new deal sans lequel la « bonne volonté » de la gauche
reste dans le meilleur des cas privée de contenu et dans le pire
répressive et réactionnaire, dans son apologie de la discipline
du travail, dans sa défense des emplois à salaire minimum
[
].
La défense de la valeur-travail cours au secours des formes desclavage
des emplois salariés non-qualifiés, et refuse tout droit
à la vie et au revenu, sans lequel il ny aura ni création
de richesse réelles, ni redistribution des temps libre et des temps
dactivité, mais seulement une cautérisation sur les
jambes de bois des emplois fordiste.
Toujours plus de citoyens refusent lidée que les moyens financiers
de la collectivité soient employés pour subventionner les
emplois du secteurs privé, et aussi publique, qui ne produise aucune
augmentation du bien-être collectif. La où le troisième
secteur, qui produit vraiment le bien-être de la population (léducation,
la santé, la garde des enfants, linvention dune qualité
de la vie par les personnes âgées, lenvironnement,
la communication culturelle, le lien social) et qui pourrait créer
des millier de poste de travail, est à peine considéré
digne de laumône, selon ce raisonnement détestable
par lequel il sagit là de la redistribution dune richesse
qui doit être produite ailleurs.[
]
Moulier-Boutang.
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