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Oui mais pourquoi
STREET?
Je mdis bon,
pour party chuis partant, mais pourquoi street,
je me dmande, pasque bon la street cest pas quça
peut pas être bien, attention attention jai pas dit ça,
mais la street cest quand-même la street, ya les voitures,
tout ça, des types pressés pas contents, des flics nerveux
pas contents, je mdis, tant quon a le son pourquoi pas se faire
une ptite party tranquille dans une prairie, un hangard, un loft,
je mdemande, loft party du premier mai ça srait
pas mal personnellement je trouve... mais bon non je mdis, si cest
une street party ça doit pas être juste pour le plaisir de
brûler des feux rouges, doit yavoir des idées là-dssous,
doit yavoir du sens jme dis, puis dailleurs je lsens
quy a du sens, maintnant, ouais, je lsens, hoho! ouais
je lsens bien le sens, je le sens monter là, ça remonte,
ça vient du ventre, et je le sens descendre là, ça
rdescend, ça vient dla tête, cest pas encore
des mots mais ça va pas tarder, faut juste que cqui monte et
cqui rdescend se rejoignent à peu près à
la bonne hauteur et pour ça faut quon discute, faut que jvous
parle, avec vous jveux trouver les mots
Je pense à la rue à ce quelle a pu être, ce quelle
peut être encore sous notre impulsion, un lieu de possible rencontre,
un lieu déchanges et dexpression didées,
lieu tout simlement public au fond : à la fois métaphore de
lespace-monde démocratique et espace concret de paroles et
de revendications, de danses et de fêtes improvisées ou non.
je pense à la rue confisquée au fil du dernier siècle
par la bagnole, espace public commun capturé par les myriades despaces
privés en mouvement
(en mouvement vers quoi ?)
espace commun privé de commun puisque la rencontre ne sy fait
plus, puisquon ne sy arrête plus, quon sy
croise ou sy dépasse sans se regarder, quon y communique
à coup de bouffées de gasoil : la rue, devenue lieu de passage,
lieu de vitesse, lieu du passage en vitesse des marchandises et de ses consommateurs/producteurs
consciencieux enfermés dans leurs boîtes dacier, lieu
qui relie ? la rue ne relie plus que des espaces clos : dans la rue circulent
entre deux lieux clos des véhicules clos conduits par des individus
clos sur eux-mêmes.
alors aujourdhui, imposer notre présence et notre rythme à
la rue parce quil ne sagit plus de gagner du temps mais de le
reprendre, de le capturer, de prendre le temps de comprendre ce que nous
désirons (ensemble et séparément), et den faire
ce que nous désirons.
Nous navons dautres ennemis que nous-mêmes, dautres
armes à redouter que la passivité et la résignation
qui gagnent, dautre péril à encourir que celui de renoncer
à lexercice dune vie dont chacun de nos désirs,
du plus futile au plus irrépressible proclame lexigence
aujourdhui, faire de la rue un lieu de lien à nouveau, un lieu
de joie et de gratuité
car le bonheur se crée et ne se paie pas
aujourdhui, se réapproprier la rue en tant que symbole de tous
les espaces publics dont notre culture pseudo-démocratique nous tient
éloignés
The street is an extremely important symbol because your whole enculturation
experience is geared around keeping you out of the street (Reclaim
the street - London)
Pénétrés du désir dexister, vous
êtes vous et vous êtes à tous, sans que rien ni personne
ne vous puissent saisir ni capturer. Les promesses que la vie vous fait,
vous gagez de les tenir sans comptes à rendre à quiconque.
Ce que vous tentez de vivre à la pointe du désir, nul autre
que vous ne le peut entreprendre. Vous caracolez seuls, dédaignant
les compagnons de la mort et le sarcasme des cadavres. Le rire du vivant
consume les cercueils (...) Heureux celui qui, au-delà de tout sentiment
de réussite ou déchec, sans présomption ni mépris
de soi, déroule le fil labyrinthique de lexistence en savouant
: ainsi ai-je désiré du fond du coeur que cela soit.
De telles choses ne sont possibles que sur la terre.
(les citations sont exraites de Nous qui désirons sans fin,
Raoul Vaneigem)
Libérer la création du travail qui lexploite est
la seule façon den finir avec lexploitation qui accumule
sur le marché les produits arrachés, par le sang, la sueur,
la souffrance et lennui, aux bêtes, aux enfants, aux femmes,
aux hommes de tous les pays
Nous sommes trop lucides pour nous reprocher de ne pas lavoir
été assez. Il ny a ni à sinfatuer davoir
raison ni à se mépriser davoir eu tort. Quil nous
suffise de frayer à nos désirs une voie plus humaine

L Etat, comme toute institution
représentative, nécessité pour fonctionner des modèles
didentités molaires et codifiées. Depuis longtemps,
le salariat est devenu le modèle majoritaire de la société
capitaliste dans le champs du travail et de la distribution des revenus.
La classe ouvrière a, en effet, cessé dêtre
un sujet révolutionnaire (et le marxisme une théorie révolutionnaire)
quand ses organisations ont abandonné l « abolition
du salarita » comme programme politique. Au lieu de continuer la
« destruction » de la classe ouvrière, les organisations
du Mouvement ouvrier ont fait du salariat le modèle indépassable
de subjectivité. La classe ouvrière et ses organisations
sont ainsi devenue de puissants « instrument dintégration
» des rapports salariés et des subjectivités antagonistes
(et pas seulement ouvrière) dans léconomie capitaliste.
Si durant les « glorieuse 30 années de développement
keynésien » lintégration a été
dynamique, puisquelle prévoyait en échange un pouvoir
dachat et un pouvoir tout court, elle est répressive et carrément
« réactionnaire » depuis le déclin du fordisme.
Elle contribue à la reproduction dun « modèle
majoritaire » qui est toujours plus vide.
Lazzarato.
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